Syndicalur aide les copropriétés à changer de syndic

06 mai 2021


Les copropriétés qui souhaitent changer de syndic peuvent se faire aider d'un courtier. Parmi les premiers était Syndicalur, créé par Francis Bourriaud, lui-même ancien syndic. Il nous parle d'évolutions surprenantes de ce métier.

Quel est le métier d'un courtier comme Syndicalur ? 

Le conseil en changement de syndic. À partir d'une expertise de la copropriété, le courtier sélectionne 3 syndics pour répondre à l'appel d'offres. Ceux-ci présentent leurs propositions au conseil syndical qui choisit, le choix étant validé en assemblée générale de copropriété. Syndicalur accompagne le conseil syndical dans toute la démarche. 

Comment la loi Alur rentre-t-elle dans les mœurs ? Les conseils syndicaux utilisent-ils les services d'un courtier ?

Effectivement de plus en plus de propriétaires et de conseils syndicaux font appel à des courtiers. Ils sont encore minoritaires, ce n'est pas encore entré dans les mœurs, notamment en province, simplement parce qu'ils n'y sont pas habitués. À Paris, 30 % des conseils syndicaux font appel à un courtier. 

La profession de courtier en syndic s'est beaucoup développée avec la loi Alur.
Il y a 15 ans j'étais tout seul. Aujourd'hui, on compte à peu près dix opérateurs sur le marché. Pour la plupart ces opérateurs sont issus non du métier de syndic, mais de l'internet, de la banque… Avec des méthodes parfois un peu "particulières". 

Et puis la Covid a beaucoup bouleversé les choses. Car auparavant, même en faisant appel à un courtier, on rencontrait les candidats en personne. Maintenant tout est en visio, plus de contact. 
Et surtout, avec le vote par correspondance, on a vu arriver les changements de syndic conflictuels. Avant on avait une mise en concurrence simple avec 3 cabinets, maintenant on change parce que le syndic en place est en train de frauder. 

De frauder ?

La qualité du travail est de moins en moins satisfaisante. 
Il y a 30 tours IGH (Immeuble de Grande Hauteur) à Paris. On a changé le syndic dans deux d'entre elles au premier trimestre. Ils étaient en place depuis 40 ans. C'est dire la dérive de la qualité du travail de ces grands groupes de syndics. 
La possibilité de changer aisément les inquiète, et les patrons des gros cabinets doivent être très attentifs à conserver tous les immeubles sous contrat.
Alors certains falsifient les votes par correspondance, ils jettent les votes qui ne leur conviennent pas, et ils imposent des contrats de 3 ans avec des augmentations de 50 %. À prendre ou à laisser.

C'est 90 % des dossiers que je traite aujourd'hui. En particulier dans les grandes copropriétés, notre spécialité, celles qui font entre 300 et 1 000 lots. Elles exigent des compétences particulières et nous avons une forte demande actuellement. 

Certains syndics sont corrects, ils font les assemblées comme ils peuvent, en visio. Et puis il y a une frange de syndics, surtout donc les gros cabinets, qui impose ces contrats de 3 ans avec 50 % d'augmentation et disent : si vous ne voulez pas, je vous place en administration judiciaire.

Et il peut faire ça ?

Oui, jusqu'au 30 juin 2021, date de fin de l'ordonnance qui impose le vote par correspondance. Avec cette ordonnance, le législateur a voulu faciliter le vote et il ne s'est pas rendu compte qu'il donnait les clés du château aux margoulins.

Et que faites-vous ?

J'explique au président du conseil : vous allez convoquer l'assemblée vous-même, vous en avez le droit. Et on arrive à virer le syndic de force.

Ces syndics-là ont des choses à se reprocher ?

Parfois, pas systématiquement. Quand c'est le cas, les gens veulent absolument partir, ils sont prêts à aller en assignation, on a deux dossiers ed ce type actuellement. 
J'ai l'exemple d'un immeuble dont le conseil pensait changer de syndic. Celui-ci les a pris de vitesse, il a convoqué par anticipation une assemblée, en avril, incluant ce type de contrat forcé. Mais le conseil a convoqué une deuxième assemblée en indiquant de voter non à la première.

Dans ce cas, il faut mettre en œuvre un article 17 ou un article 8, c'est donc conflictuel. 
C'est beaucoup plus de travail, à faire en plus de nos prestations habituelles. Il faut expliquer au conseil syndical qu'il doit prendre le pouvoir, il faut les guider. Je mettais en place ce matin avec un avocat, un article 8 pour un immeuble des Champs Élysées. Cela exige un travail juridique approfondi, parce que si on se trompe, on voit arriver l'administrateur judiciaire…

Pourquoi n'entend-on pas parler de tout ça ?

Probablement les cabinets de courtiers, qui sont peu nombreux, préfèrent-ils ne pas se mettre à dos les gros cabinets de syndics, on ne sait jamais…
 

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